Depuis quelques années, le festival « Les Singulier-es » réunit des personnalités fortes, des spectacles originaux. Ne ratez ni « Suzanne, une histoire de cirque », ni « Sous les paupières ». Encore trois soirées : courez-y !
Au 104, il y a des jeunes. Il y a des jeunes curieux. Des jeunes très bien informés. Certains, en effet, connaissent déjà les artistes et d’autres encore ont même déjà vu les productions, et reviennent.
C’est le cas pour l’extraordinaire Lou Chauvain qui reprend Sous les paupières, solo très original dans lequel elle déploie tout son art, sa maîtrise, sa beauté, son intelligence, son charme. Cela ne se raconte pas. Il s’agit d’une jeune femme en quête d’elle-même et du monde. Lou Chauvain, que l’on a applaudie en début de saison dans une pièce d’Arnaud Bédouet, Ailleurs/Après. Une mise en scène épatante de Catherine Schaub au Petit-Montparnasse, avec un Philippe Magnan idéal. Ce rôle a valu à la comédienne, qui a l’air d’une gamine, le prix Plaisir du Théâtre-Jean-Jacques Gautier.
Très bien entourée par la musique de Pascal Sangla, et l’ensemble de l’équipe artistique de haut niveau, elle donne le sentiment d’une liberté totale. Evidemment, tout est bien réglé, cadré. Mais l’audace de cette ravissante espiègle nous ravit. On en reparlera car, évidemment, ce spectacle ne peut qu’être repris.
Juste avant elle, on peut assister au très émouvant Suzanne : une histoire du cirque. En scène Anna Taber, qui a travaillé avec Fragan Gehlker.
Là aussi, de l’audace et de la fantaisie. Avec une pincée de gravité. Car on reconstitue un numéro de trapèze très célèbre. Anna Taber, native de Toulouse (cela a son importance) a rencontré en 2017 Suzanne Marcaillou qui fut une voltigeuse très célèbre dans les années 50-60, avec son mari, porteur de cet elfe de femme petite et légère.
Elle vit toujours, Suzanne. Son mari s’est éteint, très jeune encore, vaincu par un méchant cancer.
Fascinée, séduite, Anna Taber et ses amis circassiens, ont reconstitué le numéro historique, qui se donnait alors sans aucun système de protection.
Un récit de reconstitution, d’amitié, une enquête aux ramifications touchantes, en documents d’archives et films récents. Un miracle né d’admiration, d’amitié, d’affection. Une leçon de transmission.
On voit mal comment un bijou d’amitié, de talent, de courage physique, pourrait ne pas être repris. C’est formidable. On rit et l’on pleure. On applaudit les jeunes et Suzanne, bien sûr.
Au Cent Quatre, 5 rue Curial, 75019 Paris. Tél : 01 53 35 50 00. A 19h30, 20h30 ou 16h et 18h. Renseignez-vous. Chaque spectacle, 1h20.
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