Il y a du bleu, du bleu partout sur le plateau du Studio Théâtre de Stains; Et cela tombe bien : la maîtresse des lieux nous propose « L’Oiseau bleu » de Maurice Maeterlinck, avec une scénographie toute en vidéo de Kain Léo et des marionnettes et objets de Einat Landais.
Maurice Maeterlinck croyait au théâtre comme à la poésie. L’écrivain belge -1862-1949- n’a jamais quitté les scènes. Les artistes aiment son univers étrange jusqu’au fantastique, ses intrigues amoureuses, ses lueurs fantomatiques, ses histoires graves, cruelles. On aime retrouver ces atmosphères angoissantes, ces plongées heureuses ou plus sombres dans l’enfance.
On revoit souvent Pelléas et Mélisande, Ariane et Barbe Bleue, ouvrages portés par leurs transpositions lyriques, on revoit souvent La Princesse Maleine, Les Aveugles, pour ne citer que quelques oeuvres du prix Nobel de littérature 1911.
L’Oiseau bleu est un titre très connu, un conte souvent édité et illustré. Quête d’un frère et d’une soeur à la recherche d’un oiseau aux vertus particulières. Une fée leur a demandé cette recherche, pour sa petite fille souffrante. Bérylune, la fée, a confié aux enfants un diamant aux grands pouvoirs qui les aidera dans leur voyage.
Que vous connaissiez ou non cette belle histoire, vous serez ébloui par le spectacle qui se donne actuellement dans le cadre séduisant du Studio-Théâtre de Stains. Marjorie Nakache est une artiste qui met en scène des textes très différents et qui, à chaque fois, se renouvelle complètement. Avec L’Oiseau bleu elle nous étonne et nous ravit, grands comme petits ou adolescents.
Dans cette production, il y a des comédiennes et comédiens. On les reconnaît ou non car ils se fondent dans la féérie. Ils sont six, dont Xavier Marcheschi, pilier de la compagnie, et Marjorie Nakache elle-même. Il y a des présences, des transfigurations, des voix. Et un guide aimable, Antoine Jacot dans les lumières d’un as, Hervé Janlin. Certains viennent de la danse, du cirque, ils savant tout faire ! Citons Sonia Mazouz, Rebecca Figuigui.
Il y a une maîtresse des marionnettes, Einat Landais, qui conçoit les poupées, sait travailler sur plusieurs modes et invente également les objets. Elle possède une imagination et un savoir-faire fascinants. Pour la vie magique, il y a également Rakoo de Andrade, une virtuose.
Et, nouvelle venue à Stains, il y a Kain Leo. Installée à Londres, elle est d’origine chinoise. C’est dans son pays, où elle avait été chargée de mettre en scène un spectacle, que Marjorie Nakache l’a rencontrée. C’est Kain Leo qui organise la symphonie des images, changeantes, mystérieuses, des images qui ne cessent de se transformer et nous emportent sur les pas des héros, de rencontre en rencontre, comme si nous accomplissions le voyage des enfants…
On est happé par la beauté des images et la fluidité du jeu. On est sous le charme d’apparitions évanescentes qui accompagnent un récit entièrement représenté, dessiné comme un grand album dont les pages s’enchaînent, disparaissent, remontent à la surface, disparaissent à nouveau.
Et tout cela sans « IA » !!!!
Théâtre-Studio de Stains, à 14h les 31 mars, 2, 7, 9, 14, 16 avril, à 12h le 26 mars, à 15h le 28 mars. A 20h30 le 28 mars et le 11 avril (avec un repas à 19h30, sur réservation) et le 17 avril, également. Durée : 1h10. Tous publics à partir de 6 ans.
Réservations au 01 48 23 06 61.
www.studiotheatrestains.fr