Sous la houlette d’un metteur en scène inventif, Gérard Rauber, la chanteuse et comédienne propose un récital contrasté et tonique, très bien accompagnée au piano.
Il faut grimper jusqu’en haut du Lucernaire et atteindre la petite salle désignée comme « Le Paradis ». Salle climatisée, rassurez-vous. Gérard Rauber qui signe la mise en scène n’a pas eu à aller chercher loin : « Anne Baquet chante au Paradis » est le titre de ce récital délicieux, taillé pour l’irrésistible interprète, voix sublime, comédienne, danseuse, clown à ses moments.
Anne Baquet chante au Paradis. Elle est une sociétaire du Lucernaire. On l’a applaudie dans d’autres salles, souvent avec des amies, comme elle douées. Pour du jazz, notamment.
Ici, seule, accompagnée d’un pianiste, Damien Nédonchelle, virtuose et amateur de spectacle, personnalité attachante, qui se plie aux facéties du récital, musicien subtil et audacieux, idéal, Anne Baquet s’en donne à coeur-joie, dirigée par quelqu’un qui la connaît bien et lui demande beaucoup.
Une vingtaine de chansons, avec ouverture très spectaculaire que l’on vos laisse découvrir, jeu avec l’espace, le piano, le pianiste, les mouvements, les ruptures, le changements de registre, de ton…pas de timbre. Mais elle joue avec tant d’audace de sa voix, plus d’une heure durant, que l’on est époustouflé !
La proximité des spectateurs avec le lieu du jeu, à fleur de plateau, les lumières (elles aussi de Gérard Rauber), tout nous permet de goûter aux regards, sourires, mimiques, expressivité, plastique harmonieuse de cette très jolie femme, une ravissante que le temps ne veut pas effleurer. Ici avec un chignon à la Hitchcock et une tenue noire pailletée, qui lui permet tous les mouvements imaginables, elle nous charme et nous éblouit.
Les prouesses vocales sont magistrales, l’air de rien…Le choix des chansons est excellent et renouvelle le répertoire d’Anne Baquet.
Une vingtaine de chansons, que vous connaissez pour certaines, si vous aimez la belle musique, et les chansons bien ciselées, si vous êtes un admirateur d’Anne Baquet. Une sacrée gamine, une sacrée coquine…
Il y a des chansons de Michel Rivgauche et Claude Bolling, de Georges Moustaki et Thierry Escaitch, d’Isabelle Mayereau et Marie-Paule Belle, avec le génie d’un certain François Rauber, le père du metteur en scène, une légende de la chanson française. il y a du Paul McCartney, du Gounod, du Chopin, il y a un parolier nommé Sempé et un poème formidable de Jacques Prévert.
Il y a de la joie, de la férocité, de la mélancolie. Il y a la poésie des chansons, textes et musiques si bien accordés.
Sur une vingtaine, vous en préférerez forcément certaines…Nous, on a adoré « Chanter au Paradis » et « Je vous ai reconnu ». Des pépites. Les textes sont de François Morel, autre merveilleux poète.
Théâtre du Lucernaire, salle du Paradis (climatisée). Du mercredi au samedi à 19h, dimanche à 15h30. Durée : 1h15. Tél : 01 45 44 57 34.
www.lucernaire.fr
Jusqu’au 23 août.