A la Manufacture des Abbesses, le monologue d’un interprète intéressant qui défend le texte d’un auteur belge, Paul Van Mulder. Thierry Harcourt met en scène « La Solitude d’un acteur de peep show avant son entrée en scène ».
Le titre de ce solo dévoile son propos et son atmosphère. Il y a quelque chose de parfois cru dans la manière dont l’homme qui est devant nous s’exprime, mais aussi quelque chose de désarmant de douceur. Par les aveux même d’un être qui se souvient du petit garçon blond qu’il a été, qui se souvient de sa mère. Qui se souvient et se sent parfois complètement perdu avant l’entrée paradoxale qu’impose le peep show, ne rien voir et être vu.
Guidé par Thierry Harcourt, excellent directeur d’acteurs, Loris Freeman impose et la fierté et les malaises, le mal-être d’un homme très sensible.
Le texte peut sembler parfois artificiel qui tresse habilement éclats de violence, bouffées de tendresse.
On s’attache à la présence de l’artiste rare qu’est Loris Freeman. Il est aussi danseur et impose avec intelligence la vérité de son jeu. Sa voix est belle, ferme, sans dureté, ses déplacements sont harmonieux. Et dans la salle intime de la Manufacture des Abbesses, on peut saisir un regard aux nuances éloquentes.
Une musique, signée Anne-Sophie Marien-Freeman et Jérémy Raux accompagne la représentation, le travail sur les lumières est discret et efficace. Paloma Duchesne, assistante à la mise en scène, a veillé sur l’ensemble.
Un moment très intéressant qui doit beaucoup à l’interprète
Manufacture des Abbesses, à 19h, du mercredi au samedi. Durée : 1h10. Jusqu’au 10 octobre.
Tel 01 42 33 42 03.
www.manufacturedesabbesses.com