Il s’est éteint le 16 septembre. Il n’avait jamais quitté longtemps la scène. Du Théâtre national de Strasbourg, à des films, des séries très récentes, en passant par la Comédie-Française, c’est l’itinéraire d’un artiste aussi sensible et émouvant que discret.
Il avait l’allure d’un Arlequin et la bouille d’un Gavroche. Quelque chose de très malicieux dans ses regards, ses sourires, quelque chose de tendre. Jean-François Lapalus était un artiste complet, de la clownerie au tragique, de l’héroïsme à la faiblesse. Son parcours, loin des surexpositions médiatiques, est très irisé. Il a été excellent dans les registres les plus variés, des coeurs purs aux êtres d’expédients. C’est bien simple : Jean-François Lapalus a tout joué et a chaque fois touché, convaincu, suscité l’admiration des spectateurs, comme des metteurs en scène qui le distribuaient et de ses camarades.
On ne saurait, ici, choisir entre tant de rôles, tant d’aventures, tant de partages. On a évidemment en tête les spectacles mis en scène par Jean-Pierre Vincent, du Théâtre national de Strasbourg à la Comédie-Française où, devenu administrateur général, il l’avait appelé pour jouer, notamment, dans la création de Félicité de Jean Audureau, auprès de Denise Gence et Françoise Seigner.
Jean-François Lapalus avait lui-même, de temps en temps, mis en scène des oeuvres au théâtre. Il était aussi très demandé au cinéma et à la télévision. A découvrir dans les colonnes d’internet.
Un grand acteur, réservé et très savant, fou de littérature, très épris de cinéma, très mélancolique parfois comme tous ceux qui approchent quotidiennement la plus haute littérature, mais aussi joyeux, camarade soucieux des autres, espiègle. On l’a dit : entre Arlequin et Gavroche. Mais en version très cultivé !