Mères et filles, tout autour du monde

Artiste de culture chinoise vivant en France, WANG Jing a écrit et met en scène « Moi, elles ». Un texte qui tresse les chemins de plusieurs femme. D’Iran, du Mali, de Chine toutes trois, elles aussi, vivent en France. Elles jouent dansent chantent. Donnent le sentiment d’être parvenues à une liberté heureuse.

La sincérité du propos, que l’on comprend en lisant les documents remis aux spectateurs ces « feuilles de salle » dont on a parfois besoin pour ne pas rester à la porte, cette sincérité efface toutes les remarques que l’on pourrait adresser à ce spectacle de WANG  Jing.

D’une expérience personnelle et traumatisante, elle nourrit cette tresse de destins. Ata WONG Chun Tat, artiste de Hong Kong, professeur, créateur d’une compagnie, co-signe la mise en scène et conçoit la chorégraphie.

Eric Soyer, le magicien des espaces et lumières chez Joël Pommerat, est là pour les éclairages et la scénographie, lui aussi.  Chacune, chacun s’engage dans un collectif très fertile. Attachant beau, souvent énigmatique, avec des scènes qui s’enchaînent dans la fluidité tandis qu’un musicien, Uriel Barthélémi,  accompagne toute la représentation.

Trois femmes de charme et de personnalité : BAO Yelu, performeuse, Alice Kudlak, comédienne qui crée des formes audiovisuelles,  Tishou Aminata Kane, afro-caribéenne, chorégraphie et comédienne.

Celle qui incarne la jeune malienne est une danseuse puissante et très sensuelle; la Chinoise fine et frêle, possède une grâce délicate, la Française qui incarne une Iranienne est une nature puissante, avec du métier et du naturel, une force indéniable. Elle est plus du côté du récit clair. Avec elle, nous comprenons mieux les chemins et les enjeux.

Il y aurait certainement à retravailler ce spectacle très intéressant. A synthétiser, à ne pas abuser des déplacements de chaises, seuls éléments scénographiques, à raccourcir tout simplement, à densifier. A rendre plus claire chaque partition.

Tel quel, ce spectacle touche et nous renvoie à des questions profondes, jamais résolues.

Théâtre Silvia-Monfort samedi 28 mars, 20h30. Friche Belle de Mai de Marseille, le 12 avril, Théâtre du Nord, à Lille, du 28 au 30 avril, Festival Théâtre en mai à Dijon, du 27 au 29 mai.

Puis à Arcueil Morsang-sur-Orge Grigny Meudon le 27 novembre, également à Pékin et Shanghai en octobre-novembre.