Comédien à la carrière riche, au théâtre, au cinéma, à la télévision, il s’est éteint au tout début de cette semaine. Une personnalité à part, un homme ultrasensible et généreux. Ses amis lui diront adieu, mardi après-midi, au Père-Lachaise.
Charlie Nelson. Après Christiane Cohendy, Chantal Deruaz, Guesch Patti qui fut une magnifique comédienne de théâtre, c’est Charlie Nelson qui passe de l’autre côté du monde. Comédien exceptionnel, il s’est éteint au tout début de cette semaine, après avoir été admis à l’hôpital.
Un être d’une extrême sensibilité, d’une finesse et d’une délicatesse profondes, un grand artiste, modeste et simple. Mais qui le voyait jouer, prenait la mesure de sa grandeur d’interprète, de sa grandeur d’homme.
Né en 1954, il avait commencé dans les années 70 et débuté, avant même le conservatoire qu’il intégra en 1975 et où il demeura jusqu’en 1978. Dès lors il ne quitta plus la scène, ni les plateaux de cinéma et de télévision On ne fera pas ici la liste de ses rôles. La dernière fois qu’on l’a applaudi au théâtre, c’était au Poche-Montparnasse. Marie-Louise Bischofberger l’avait choisi pour être l’un des personnages de spectacles consacrés à Maupassant, tandis qu’au cinéma, il avait tourné sous la direction de Daniel Auteuil, qui l’aimait beaucoup.
Charlie Nelson avait un visage très expressif, un regard bleu et tendre, un haut front, une belle voix, un sourire désarmant de bonté -même s’il aimait aussi jouer les féroces- une silhouette non immense, mais fluide. Il a tourné des dizaines de films, avec des réalisateurs très différents et tous de qualité, même chose au théâtre et à la télévision. Il pouvait jouer les méchants, les seconds couteaux, mais c’est dans la sensibilité qu’il était le plus touchant.
Très doué pour les langues, Charlie Nelson maîtrisait complètement l’anglais, l’espagnol, et se débrouillait très bien en allemand, en portugais et jusqu’en roumain. Il avait le goût des autres et adorait parler, échanger, découvrir.
Il était très doué aussi pour la musique. Il jouait de nombreux instruments : accordéon, piano, flûte, batterie, il aimait expérimenter et s’était essayé à un grand nombre d’expressions.
Quant aux univers qu’il aura abordés, ils sont très nombreux et très divers. A l’orée des années 80, il avait contribué à donner leur force ironique formidable aux pièces de Tilly mises en scène par Michel Hermon. Inoubliable !
Mais il a travaillé aussi avec Jean-Pierre Vincent, Georges Lavaudant, Christian Schiaretti, Stéphane Braunschweig, Benno Besson, Matthias Langhoff, Michel Didym, Charles Tordjmann, et au cinéma pour tout un faisceau de très bons réalisateurs, qui aimaient sa présence, sa photogénie, sa discipline. Ainsi Patrice Leconte, ainsi des dizaines d’autres.
Ici et là, on commence à découvrir les affiches de la saison prochaine. Alain Françon signe une grande mise en scène à la Porte-Saint Martin de La Folle Journée ou le Mariage de Figaro et sur les affiches, figure Charlie Nelson. Le nom de Charlie, mais il ne sera pas là, seulement dans nos coeurs.