A Avignon, il y a des adresses que l’on ne peut manquer. La Chapelle du Verbe incarné, est l’un de ces lieux. Venu de Guyane, « Au bout du pays » est un texte à l’écriture originale signé Alfred Alexandre.
Un homme seul, l’air rugueux. Au milieu d’un désordre d’objets, on croirait un morceau de décharge avec des objets métallique. L’homme parle. Il va parler une petite heure durant. On met un peu de temps à comprendre qui il est et de quoi, de qui, il parle.
La langue est belle, claire, pourtant. L’homme s’exprime parfaitement. Mais il faut s’adapter. L’homme qui parle se nomme Réginal. Il est question d’un certain Jal, homme du pouvoir, son patron et d’une Lily, notamment.
Incarné par Serge Abatucci, Réginal est un personnage assez inquiétant. On livre au public un argument : « Un mécanicien naval, solitaire et cannibale, entre en rivalité amoureuse avec les deux jeunes cousins de son patron ». Que veut-il ? De quoi se plaint-il ?
Peut-on le croire ou est-il un personnage habité et un démon parle à travers lui…
On peut tout imaginer. On n’a pas les justes références, mais l’on est happé par une langue, un style et par la présence d’un comédien impressionnant. Serge Abatucci se fait porteur de poésie, une poésie grave et cruelle. Un très beau morceau de poésie, dérangeant et fort.
Chapelle du Verbe Incarné, à 14h20 les jours pairs, jusqu’au 23 juillet. Durée : 1h.