« Maria » ou mystère et transparence

Au Train Bleu, Olivia Barron et Gaëlle Hermant, qui signe la mise en scène, ont réuni d’excellents interprètes, hommes et femmes, et deux musiciennes, pour tenter de nous faire comprendre l’énigmatique et fascinante « Maria », profession, voyante.

On n’est pas obligé de tout comprendre, au théâtre. Spectateur, toute sensibilité et intelligence des faits, bandées, on peut ne pas tout saisir.

Ne mentons pas : Maria n’est pas une matière facile. Elle se dérobe. Rétrospectivement, on se rend compte que le spectacle a déjà été pas mal joué et que nul ne semble avoir ressenti la moindre difficulté à comprendre le projet des deux dramaturges, Olivia Barron et Gaëlle Hermant.

Ce n’est pas le cas pour nous. Si nous n’avions pas lu les communiqué, synopsis, entretien, extraits de critiques parues il y a plusieurs mois, on ne saurait pas à quoi se raccrocher.

N’était le charme qui se dégage de la représentation et qui doit beaucoup à la question centrale : celle qui donne son nom au spectacle, « Maria », est une femme qui vit aujourd’hui à Paris et dont la profession, disons plutôt la manière et l’art, sont au service de la voyance. N’était cette question, on ne comprendrait pas grand chose.

Auteure, metteuse en scène, Gaëlle Hermant est fine et perspicace. Elle a été séduite par la « vraie » Maria, elle veut séduire les spectateurs. Deux musiciennes très douées accompagnent la représentation : Viviane Hélary au violon, Claudine Pauly au violoncelle. C’est très beau, envoutant parfois, et l’on n’oublie que l’on ne comprend pas toujours qui sont exactement les « personnages ».

Maria, oui, évidemment. Le modèle existe ! Magaly Godenaire, que l’on a souvent applaudie, chez Julie Deliquet ou avec Eric Charon, entre autres, est une très bouleversante figure de femme combattante, au destin contrarié, parfois… Jules Garreau, Claire Duchêne, ont, eux aussi, de jolis parcours. Ces générations de comédiens, ne se sont jamais contentés de de faire que jouer sous la direction de telle ou tel. Ils lancent des projets. On les retrouve, ici, là. Toujours actifs !

Dans le double rôle du Pape et de Jack (chut…), l’impressionnant John Arnold, offre sa personnalité singulière et puissante au spectacle. Cheveux longs de vieux druide descendu de son arbre breton avec son bouquet de gui -une image- il saisit de sa voix profonde et laisse sourdre légendes et mystères.

En alternance, lorsque John Arnold ne pourra assurer sa prestation, c’est l’excellent Samuel Churin, comédien engagé et qui monte encore plus au créneau, ces temps-ci, à cause des restrictions budgétaires sévères, qui jouera Jack et le Pape…

N’en disons pas plus ici. Retrouvez les symboles du jeu de Tarot. Rêvez. Refaites votre vie et tentez de deviner vos avenirs…

Théâtre du Train Bleu, à 18h25, relâche le 17 juillet. Durée : 1h20. Jusqu’au 23 juillet.

www.theatredutrainbleu.fr