Dans l’univers du spectacle vivant, il avait une place à part. Chacun savait combien il mettait son énergie, sa connaissance des structures, son coeur, son intelligence, au service de la création. Il s’est éteint lundi 27 avril. Il avait 70 ans.
Intendant. Un grand intendant. Pas un metteur en scène ou un comédien, mais un facilitateur : Jean-Paul Angot, qui s’est éteint lundi 27 avril, aura permis à de très nombreux projets de voir le jour. Il élaborait, il se dépensait sans compter pour que les rêves des metteurs en scène, des acteurs, des techniciens et des administratifs, voient le jour et voguent au large, et longtemps.
Jean-Paul Angot avait un tempérament d’artiste. C’est sa sensibilité profonde qui guidait ses décisions. Il se battait. Il n’en faisait pas tapage. Il était aussi généreux qu’intransigeant. Il povait être rugueux. Un grand caractère. Avec de l’esprit et beaucoup de coeur.
Ces dernières années, il avait été directeur de la Maison de la Culture de Grenoble, MC2, de 2013 à 2020, institution où il avait été directeur adjoint de 2000 à 2006. Rien de facile pour lui dans son chemin. Il dut parfois affronter des difficultés, des grèves dures. Beaucoup d’incompréhension.
Il ne venait pas du sérail. Il était né le 20 octobre 1955, à Cherbourg.. Il avait fait des études d’ingénieur et il avait déjà près de la trentaine lorsqu’il comprit que sa vraie vie était ailleurs. Il était très connaisseur de musique. On l’entendait au micros chaleureux de radios libres locales des années 80…
C’est auprès de Chantal Morel qu’on l’avait tout d’abord rencontré et il fat proche, également, de la bande de Jo Lavaudant et du Centre dramatique national des Alpes (CDNA). De grandes années d’amitié et de travail.
Après son poste de directeur adjoint de la MC2, il poursuit son chemin en devenant codirecteur de la Comédie de Valence-CDN Drôme-Ardèche, de 1996 à 2002 directeur de l’Espace Malraux, scène nationale de Chambéry et de la Savoie en passant par la Manufacture à Nancy -si c’est bien dans cet ordre…
Il avait grand souci du public. S’il soutenait de toutes ses fibres les créateurs, il voulait un service public « élitaire pour tous ». Engagé dans les travaux du SYNDEAC, il rappelait souvent cette évidence, parfois trop oubliée de certains.
Il faisait confiance. Chantal Morel, donc mais aussi Joël Pommerat, Wajdi Mouawad, Jacques Osinski; Daniel Jeanneteau, Caroline Guiela Nguyen.
Cet homme fidèle en amitié, volontiers rieur, charmeur avec son faux air à la Jean-Pierre Moulin (le comédien), de battait depuis de longs mois contre la maladie. On ne l’oubliera pas.