Un texte de Gwenaëlle Aubry, prix Femina 2009, d’après un roman inachevé de son père.. Une mise en scène d’Elisabeth Chailloux et l’interprétation bouleversante de Sarah Karbasnikoff. A voir absolument.
Reprise également de l’article qui avait été publié sur le blog précédent –Le Journal d’Armelle Héliot, malheureusement bloqué et non réparé par les personnes dont il dépendait. L’article est publié tel quel, avec ses références au Théâtre 14.
Repris « à la maison », si l’on peut dire, dans la salle dite « La Coupole », au Théâtre de la Ville-Sarah-Bernhardt, retravaillé, on a hâte de le retrouver. Un moment d’une profondeur et d’une grâce très bouleversantes.
Voici l’ancien article :
Au commencement, il y a un livre, très tenu et bouleversant. Celui de Gwenaëlle Aubry
intitulé Personne . Un livre qui avait valu à l’auteure le prix Femina. Un abécédaire qui
avait frappé Sarah Karbasnikoff, comédienne que l’on connaît bien pour l’avoir très
souvent applaudie dans les spectacles d’Emmanuel Demarcy Mota. Une artiste de troupe,
loin du Théâtre de la Ville (mais l’institution est ici en coréalisation), que l’on découvre
mieux encore dans ce solo superbe. Sur le plateau du Théâtre 14, un décor qui lui laisse
de l’espace, avec un jeu de lumières et de transparence qui ménage un espace à l’arrière,
veston masculin, pantalon large, elle sera pieds nus et lâchera un moment ses cheveux
tirés en arrière. De « A » comme Artaud, à « Z » comme Zelig, d’après le film de Woody
Allen, en 1983. Personne est un livre fort et tendre quiévoque le destin d’un père très brillant, engagé dans la société, et pourtant déchiré par la maladie mentale. Un maniaco-dépressif, un être entravé par les variations vertigineuses de l’humeur. Bipolaire dit-on désormais. Avocat, universitaire respecté, il avait laissé des pages autobiographiques dans lesquelles il tentait de donner un peu de cohésion à sa vie.
Après sa mort, Gwenaëlle Aubry, sans tenter de recoller des morceaux, avait choisi cette forme d’abécédaire.
Guidée par Elisabeth Chailloux, Sarah Karbasnikoff, incarne ces mots ; elle signe l’adaptation : elle a dû renoncer à certains passages, pour offrir un moment dense et dansant d’une heure et quelque. C’est d’une beauté et d’une émotion bouleversantes. Sa
belle voix, sa présence, la délicatesse avec laquelle elle nous transmet cette parole, font de Personne un des meilleurs spectacles à voir en ce moment.
Théâtre de la Ville-Sarah-Bernhardt, salle La Coupole. Début demain mardi 14 et jusqu’au 21 avril. Durée : 1h20. Tél : 01 42 74 22 77. Attention, il y a des relâches car, par ailleurs, la comédienne est en tournée avec un autre spectacle. Deux « bords de plateau », des rencontres avec des psychanalystes les 18 et 19 avril.