Pierre Maillet, toujours plus tonique !

On ne sait pas qui sont exactement ces « gens déraisonnables » qui cosignent l’adaptation et la mise en scène du spectacle nerveux et fou qui illumine le Rond-Point ces jours-ci. Au côté de Pierre Maillet l’exceptionnelle Frédérique Loliée et les Cow-boys électriques. 

Il traine devant la porte. Peu habillé. Avec, sur les seins, des houpettes de plume rose que l’on croirait arrachées à des poudriers d’autrefois. Il n’a pas froid. Il fait très chaud et il est encore tôt, il fait jour. Pierre Maillet accueille son public, ses amis. On imagine que les spectateurs qui se présentent sont plutôt des connaisseurs de ce diable d’artiste…

« Edith Beale au Reno Sweeney » est un spectacle conçu d’après une pièce de Sara Stridsberg intitulée L’Art de la chute, texte traduit par Marianne Ségol.

Raconter un spectacle de Pierre Maillet n’a pas de sens. On sèche depuis plusieurs jours à tenter de donner une idée de ce spectacle qui arrime sa folie à celle d’une comédienne rare et audacieuse, Frédérique Lolliée. Elle est la légendaire Edith Beale, fille d’une Edith Beale incarnée par Pierre Maillet. Ajoutons les Cow-boys électriques, quatre musiciens et chanteurs, comédiens, en surchauffe constante. Luca Fiorello, en plusieurs apparitions dont Jackie Kennedy (du temps de Jacqueline Bouvier, notamment), Thomas Jubert, le frère Bouvier, entre autres, Thomas Nicolle, Guillaume Bosson.  La scanographie et les lumières de Nicolas Marie font le reste. Un tourbillon de rire, d’excès, de vivacité, de talents survoltés,

Pierre Maillet nous offre un résumé de la situation et de l’action. Mère et fille, autrefois stars new-yorkaises du cabaret, vivent ensemble, enfermées dans une immense maison, reçoivent de hautes figures de leur vie d’autrefois.

On n’est pas obligé de tout comprendre. C’est ce qui est alléchant au Reno Sweeney. Autrefois comme plus tard.

L’énergie féroce, la mélancolie, l’outrance, la musique et la bonne, comme la très bonne humeur, tout cela comble tous les voeux des spectateurs. Evidemment Frédérique Loliée, exceptionnelle femme au milieu de ces hommes galvanisés et galvanisants, s’exténue magistralement. Une Diva que l’on aime.

Théâtre du Rond-Point, salle Jean-Tardieu, du mardi au vendredi à Z1h, samedi 20h, dimanche 15h30. Durée : 1h50. Jusqu’au 31 mai. Tél : 01 44 95 98 21.

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